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Spiral

De musique avant toute chose

TC&I Naked Flames

C'est en 2017 qu'à la grande satisfaction d'un certain nombre de fans frustrés du groupe XTC, que Colin Moulding et Terry Chambers, respectivement bassiste-chanteur-compositeur et batteur de la mythique formation de Swindon, se sont retrouvés au sein d'un duo, qui pour reprendre le titre d'une des chansons composées pour l'occasion, ont formé entre le début des années 70 et la fatidique séance en studio soudainement désertée par Chambers en 1983, une paire de "Comrades in pop": une rythmique soudée, impeccable, d'une redoutable efficacité... Que Moulding ait trouvé à qui parler dans les années qui suivirent est évident, puisque le groupe a fait appel pour compléter la formation à de fins batteurs, et non des moindres (Peter Phipps, Pat Mastelotto, Prairie Prince, Dave Mattacks...), mais Colin Moulding a aussi écrit sous un pseudonyme certes, la belle chanson The affiliated, cette histoire d'un membre d'un club qui cesse de venir pour jouer aux fléchettes avec ses copains, et rester avec sa moitié. Mais, conclut la chanson, "His seat's always here, if he wants it"... Non seulement la chanson était belle, mais en plus c'était une déclaration pudique d'amitié, de la part d'un musicien laconique, qui devait parfois souffrir, entre la virtuosité de Dave Gregory, qui je pense ne parle QUE de guitare, et la façon dont Andy Partridge, lui, parle tout le temps, sollicitant la conversation en permanence... Peut-être que le copain Terry lui manquait terriblement.

Et c'est pour ça que l'expérience TC & I est formidable, car les deux musiciens se sont retrouvés pour un projet de taille modeste, ont interprété quatre nouvelles chansons pour un EP, et ont investi une salle locale (le Arts centre de Swindon) pour une poignée de concerts, avec à la clé la possibilité gourmande de revisiter le répertoire de Colin Moulding composé pour XTC! Aussi bien des chansons de l'époque Chambers, jusqu'à 1983, que des oeuvres ambitieuses composées depuis. Non seulement on a le plaisir de retrouver les deux musiciens, entourés par deux plus un autre, pour un grand numéro de retrouvaille, mais on a aussi enfin, une sorte de reconnaissance officielle de ce que Colin Moulding est capable de faire, à partir de 11 chansons tirées du répertoire d'XTC, et de deux autres: un extrait du EP (Scatter me) dont c'est la meilleure chanson, et... une composition de Partridge en guise de clin d'oeil, qui plus est une composition des premiers temps, immortalisée en 1977 sur White Music et également sortie en single: Statue of liberty...

Les choix de chansons sont intéressants, permettant à Colin Moulding d'afficher une prépondérance pour les ballades, puis de garder les grands moments très attendus (Generals and majors, Life begins at the hop, et bien évidemment Making plans for Nigel) pour la fin. Les deux musiciens qui complètent Moulding et Chambers se glissent discrètement mais sûrement dans la peau de Partridge (Steve Tilling) et Gregory (Gary Bamford), donc respectivement à la guitare et à la guitare et au clavier. Lee Moulding, choriste et percussionniste, plus la soprano Susannah Bevington (sur Scatter me) viennent compléter l'équipe: sans surprise, Moulding et Chambers ont privilégié une approche au plus près des enregistrements, ce qui n'empêche pas le son live de nous jouer un tour, en changeant parfois subtilement les contours de telle ou telle chanson: Wonderland, par exemple, sonne différemment de son original. Et sur Bungalow, une des merveilles de Nonsuch, Colin Moulding chante seul avec le piano, et c'est fantastique. 

Les cinquante minutes passent d'une traite, séquencées avec rigueur, joues avec simplicité mais d'une façon parfaitement assurée, et nous confirment la beauté et la complexité, l'importance donc de ces compositions, qu'elles soient connues (Nigel), ou obscures (Say it, où Moulding assume un goût prononcé pour la chanson à l'ancienne), qu'elles soient anciennes (Generals and majors) ou nouvelles (Scatter me), elles sonnent, et qu'est-ce que ça fait du bien de les entendre jouées de cette façon, chantées par quelqu'un qui a semble-t-il gardée intacte sa voix, et soutenues par le batteur le plus solide des deux hémisphères. La mise en place de tout le groupe, immanquablement, est au-delà de tout reproche, et ces chansons apparaissent, du haut de leurs trois minutes trente, telles qu'elles ont été conçues: pour le plaisir... Je sais qu'il ne fait pas trop en demander, mais si un volume II se profile, je suis preneur, messieurs.

Say it / Ten feet tall / Scatter me / Wonderland / Grass / The meeting place / Bungalow / Big day / Standing in for Joe / Generals and majors / making plans for Nigel / Statue of liberty / Life begins at the hop

https://burningshed.com/tcandi_naked-flames_cd

 

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