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Spiral

De musique avant toute chose

The Beatles Magical Mystery Tour (Parlophone/EMI, 1967)

Ceci n'est pas un album. 

Je m'explique: certes, vous trouverez chez les disquaires, si vous en connaissez encore le chemin, un LP, ou un CD, qui contient environ 37 minutes de musique, sous ce titre, avec au programme 11 chansons. Ce n'est pas de ce disque-là, la réédition d'un album sorti en novembre 1967 aux Etats-Unis, et confectionné dans le dos des Beatles, qu'il s'agit aujourd'hui.

Car en 1967, les Beatles avaient haut et fort affirmé leurs ambitions pour un album de musique, avec Sgt Pepper's lonely hearts club band: un par an, ça devait suffire, non? Et il était pour eux hors de question de se répéter, et c'était, un peu, ce que la compilation Américaine faisait, en rééditant les trois singles de 1967 (tous inédits en album) et en les fournissant avec la musique du film Magical Mystery Tour.

Puisqu'il vient d'en être question, parlons-en: les Beatles ont donc commis un film, destiné à la télévision Britannique (la BBC pour être plus précis) et diffusé en fin décembre de cette même année. Une façon comme une autre de clore une année en insistant sur la domination par les Beatles du monde de la musique... Au programme de cette petite heure très oubliable, donc, six chansons: une seule est déjà sortie, en face B du single Hello Goodbye en novembre 1967. Les cinq autres sont toutes exclusives... L'idée des Beatles a donc été de proposer la musique de ce film sous la forme d'un double EP de format 45 tours (mais en 33), avec le programme suivant:

Face A:

Magical mystery tour (Lennon/McCartney), Your mother should know (Lennon/McCartney)

Face B

I am the walrus (Lennon/McCartney)

Face C

The fool on the hill (Lennon/McCartney) , Flying (Harrison / Lennon / McCartney / Starkey)

Face D

Blue Jay Way (Harrison)

...Soit 19 minutes et 09 secondes de musique en tout et pour tout. On le constate, l'ordre des chansons a été bouleversé sur la version Américaine, où je pense qu'un effort a été fait pour placer I am the walrus, de très loin la chanson la plus notable, en fin de face. 

L'écoute de cet objet historique, sorte de résidu d'une année durant laquelle les Beatles ont placé le psychédélisme résolument au centre de toutes les aspirations musicales, tout en lui faisant subir le coup de grâce (écoutez leurs disques ultérieurs, c'en est absolument fini), est sans pitié: les chansons sonnent presque comme une collection souvent intéressante de faces B, ou de morceaux écartés des albums... Pour quelques exercices de style brillants (The fool on the hill, par Paul, reste à mes oreilles un chef d'oeuvre, et I am the walrus de John est indéniablement un grand moment dans l'histoire de la musique populaire), on a aussi du grand n'importe quoi (Blue Jay Way, de Harrison, décidément en berne cette année-là), un instrumental rigolo mais passe-partout (Flying), d'ailleurs le seul morceau de musique signé de tous les quatre Beatles, et une chanson pop qui sonne comme un écho sans conviction (et un peu mou) de Hello Goodbye... La chanson-titre reste, au moins, intéressante, par la façon dont Paul en a fait une fanfare énergique, qui à peu près le même effet sur l'auditeur que la célèbre fanfare de la 20th century fox. Tout dépend, donc, du film qui l'accompagne...

D'ailleurs, tant que j'y pense, il est évident que la production de ce curieux objet est largement dominée par Paul McCartney, John n'ayant absolument rien donné de nouveau sur les six chansons qui le composent.

Mais voilà, en décembre 1967, les Beatles veulent passer à autre chose... Raison de plus pour ne pas s'encombrer d'un album entier. Quand je vous le dis que ce disque n'est pas un vrai album! Les deux productions suivantes du groupe seront donc un single (Lady Madonna, qu'il sera difficile de confondre avec du Syd Barrett), et le célèbre The Beatles, disque double et tout blanc en forme de quatre carnets de croquis tous mélangés...

 

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